La maison Kabyle
Les Aith Yaala vivent en communauté dans des villages et leur habitat est essentiellement rural. Les maisons sont construites sur des lieux stratégiques : sommet d'une colline, pitons difficiles d'accès. De plus, de leurs villages hauts perchés, les villageois peuvent voir venir les ennemis de loin. Regroupées en villages les maisons se font face ou sont construites côte à cote.

Chacune d'entre elle est entourée d'une cour clôturée de buissons d'épineux, « afrag » ou d’un mur en pierres sèches. Celle-ci peut englober plusieurs maisons dont les chefs de familles sont de mêmes parentés (frères ou cousins). Dans cette cour se trouve "thakhamt n tmess" ou "thintbekhth", littéralement la chambre du feu où les fagots de bois sont entassés. un crochet ou deux crochet en bois pour suspendre l’outre à eau « ayedidh ». Dans un coin se trouve, caché, le tas de fumier ou en jette les ordures ménagères et qui sert aussi de latrines « Agudi ». Les murs de la maison "akham" sont en pierre, et le toit en tuiles ou est plus rarement en chaume. La toiture est soutenue par des piliers (troncs d’arbres) « Ijga, (singulier) Ajgou » . Chaque couple possède une maison "Akham" ou "Takhamt". La maison ne comporte qu'une seule très

grande pièce. La vie commune est en effet de règle. Elle comporte une plate-forme de terre battue ou de bouse séchée « Aouens ». Une partie du sol est en contrebas : c'est « Adaynin », qui sert d'étable. Une banquette en maçonnerie le sépare de la pièce commune. En bas de la banquette sont creusées les mangeoires « el medoued ». Une soupente est aménagée au-dessus de «adaynin », qui tient de lieu de grenier « Taaricht » elle est éclairée par une lucarne. La pièce principale comporte une banquette en maçonnerie «Lakdar » , L'intérieur comporte des réduits où des ustensiles sont rangés « Thikouatine (singulier Thakouat) » et des deux cotés sont disposées les jarres pour le grain, l’huile et les figues séchées ( ikufan, singulier akoufi) ;( Takhabith, en plus grand

achebali ) façonné en argile . C'est dans cette pièce que se trouve le foyer (El-kanun) creusé à même le sol ; pour cuisiner et se chauffer. Enfin, dans cette pièce se dresse le métier à tisser traditionnel, « azetta ». Cette construction permet de préserver du froid en hiver et de la chaleur en été . Cette maison peut sembler modeste : elle l'est. C'est celle du paysan kabyle et de sa femme, souvent pauvres, et qui travaillent durement pour nourrir la famille. Maleureusement ces maisons tombent en ruine, et les nouvelles constructions n'ont aucun charme à coté de nos anciennes maisons.